{"id":9654,"date":"2009-09-18T16:23:04","date_gmt":"2009-09-18T16:23:04","guid":{"rendered":"http:\/\/sarkis.test\/?p=9654"},"modified":"2022-08-11T05:28:15","modified_gmt":"2022-08-11T05:28:15","slug":"qsarkis-est-a-strasbourg-1979-1989q-par-claude-rossignol-6","status":"publish","type":"texts","link":"https:\/\/www.sarkis.fr\/en\/texts\/qsarkis-est-a-strasbourg-1979-1989q-par-claude-rossignol-6\/","title":{"rendered":"Sarkis est \u00e0 Strasbourg 1979-1989&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"chapo\">Le 26 avril 1979, Sarkis d\u00e9barque pour la premi\u00e8re fois sur le quai de la gare de Strasbourg ; il ne conna\u00eet personne, pas m\u00eame celui qui l&#8217;a invit\u00e9. Exactement dix ans plus tard, alors que l&#8217;Alsace est consid\u00e9r\u00e9e comme un des foyers les plus actifs de la cr\u00e9ation en France, il convient de prendre la mesure du chemin parcouru et de discerner la part qui revient au travail accompli par Sarkis. C&#8217;est l&#8217;occasion \u00e9galement de pr\u00e9ciser la place et le r\u00f4le que tient Strasbourg dans son \u0153uvre, mais avant tout, comment cet homme a-t-il rencontr\u00e9 ce lieu et pourquoi ce lieu a-t-il su le retenir ?<\/p>\n\n\n\n<p>Son premier contact avec l&#8217;Alsace fut, \u00e0 vrai dire, presque fortuit ; en tous cas, il fut tr\u00e8s bref ; Strasbourg ne constituait alors qu&#8217;une courte halte de quelques minutes sur la route vers l&#8217;Allemagne o\u00f9, deux jours plus tard, Sarkis devait ouvrir une exposition. Il \u00e9tait attendu par le sculpteur Erich Hauser, fondateur d&#8217;une dynamique association d&#8217;artistes, Forum Kunst, dans la petite ville de Rottweil, situ\u00e9e au centre de la For\u00eat-Noire. Ce sculpteur, Grand Prix de la Xe Biennale de S\u00e3o Paulo, m&#8217;avait demand\u00e9 d&#8217;organiser un cycle de quatre expositions significatives de l&#8217;art en France ; apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 Raymond Waydelich, Bertholin et Olivier Debr\u00e9, je devais clore cette s\u00e9rie par l&#8217;\u0153uvre du sculpteur C\u00e9sar. Il m&#8217;avait donn\u00e9 son accord mais malheureusement (?) trois semaines avant l&#8217;inauguration pr\u00e9vue et annonc\u00e9e, les deux galeries propri\u00e9taires de la plupart des \u0153uvres anciennes se d\u00e9sist\u00e8rent. Je songeai imm\u00e9diatement \u00e0 Sarkis, sachant qu&#8217;en France, il \u00e9tait sans doute le seul artiste d&#8217;envergure susceptible de se mobiliser dans des d\u00e9lais aussi brefs ; ne le connaissant pas personnellement, je pris l&#8217;initiative de lui t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 Paris pour lui faire part de ma proposition &#8220;br\u00fblante&#8221;. Avant de me donner une r\u00e9ponse d\u00e9finitive, il me demanda un d\u00e9lai d&#8217;une nuit ; il eut la gentillesse et surtout l&#8217;audace de relever le d\u00e9fi : l&#8217;exposition fut r\u00e9ussie et elle s&#8217;ouvrit \u00e0 l&#8217;heure dite (sans pr\u00e9cipitation).<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame ann\u00e9e, la question se posa \u00e0 l&#8217;Ecole des Arts D\u00e9coratifs d&#8217;\u00e9tablir le programme des artistes invit\u00e9s ; ceux-ci \u00e9taient appel\u00e9s \u00e0 ouvrir la p\u00e9dagogie en permettant de sensibiliser les \u00e9tudiants aux r\u00e9alit\u00e9s du monde artistique ; Camille Hirtz, Jean-Marie Krauth et moi-m\u00eame avions alors tr\u00e8s spontan\u00e9ment propos\u00e9 \u00e0 Sarkis de venir travailler plusieurs jours avec les \u00e9tudiants du D\u00e9partement Art, une section cr\u00e9\u00e9e alors \u00e0 titre d&#8217;essai. Apr\u00e8s une vingtaine d&#8217;heures de discussions et d&#8217;\u00e9changes extr\u00eamement chaleureux et fructueux, des travaux d&#8217;excellente qualit\u00e9 virent le jour. Quelques mois apr\u00e8s, un concours pour le recrutement d&#8217;un nouveau coordinateur du D\u00e9partement Art fut annonc\u00e9 ; d&#8217;un seul \u00e9lan, \u00e9tudiants et professeurs firent savoir \u00e0 Sarkis qu&#8217;ils souhaitaient tous vivement qu&#8217;il se port\u00e2t candidat ; ce qu&#8217;il fit ; le jury n&#8217;eut apparemment pas de mal \u00e0 porter son choix sur lui puisqu&#8217;il fut d\u00e9sign\u00e9 laur\u00e9at \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9&#8230; \u00e0 la grande joie de ses futurs \u00e9tudiants. D\u00e8s sa premi\u00e8re ann\u00e9e d&#8217;enseignement, les r\u00e9sultats obtenus, notamment ceux des dipl\u00f4mables se r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent encourageants, ce qui stimula davantage nos efforts. Il faut reconna\u00eetre que pendant des ann\u00e9es, le D\u00e9partement Art rencontra une hostilit\u00e9 plus ou moins explicite mais ces difficult\u00e9s n&#8217;eurent pour effet que de renforcer la solidarit\u00e9 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de cette nouvelle section.<\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est en tant que cr\u00e9ateur que Sarkis vint les premi\u00e8res fois \u00e0 Strasbourg et c&#8217;est avec une exposition qu&#8217;il manifesta sa pr\u00e9sence, et ce, d\u00e8s sa premi\u00e8re semaine d&#8217;enseignement. A ce moment, le local de l&#8217;unique association de jeunes artistes <strong>Attitude<\/strong> venait d&#8217;\u00eatre ravag\u00e9 par un grave incendie. Ayant appris la chose, il proposa aux responsables d&#8217;organiser au plus t\u00f4t une intervention dans les lieux tels qu&#8217;ils \u00e9taient. L&#8217;exposition <strong><a title=\"1980, Le Silence \u00e9clair\u00e9 du Blackout.\" href=\"\/?p=443\">&#8220;Le Silence \u00e9clair\u00e9 du Blackout&#8221;<\/a> <\/strong>s&#8217;ouvrit le 15 octobre 1980 : Sarkis avait intentionnellement ignor\u00e9 les salles du haut qui avaient \u00e9t\u00e9 moins touch\u00e9es par le feu et avait investi tout l&#8217;espace des caves ; il y avait plac\u00e9 une grande inscription en n\u00e9on vert, tourn\u00e9e vers le sol afin que la lumi\u00e8re seule f\u00fbt visible. La cave, plong\u00e9e dans une inqui\u00e9tante lumi\u00e8re verd\u00e2tre \u00e9tait jonch\u00e9e de gravats et d&#8217;outils qu&#8217;intentionnellement il n&#8217;avait pas d\u00e9plac\u00e9s ; ici, sur une sorte d&#8217;\u00e9vier \u00e9tait dispos\u00e9e une planche de bois brut, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e, sur laquelle \u00e9tait trac\u00e9e, au goudron, un mot, <strong>DER TRAUM<\/strong>, l\u00e0 une autre portait la reproduction, vigoureusement peinte, d&#8217;une trace, d\u00e9couverte un jour par Sarkis dans une base sous-marine allemande, \u00e0 Bordeaux. Ici encore, un n\u00e9on portant le nom <strong>DRAKULA<\/strong>&#8230; Je pense que je ne fus pas le seul \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9rout\u00e9 alors par cette installation -intervention, la premi\u00e8re, \u00e0 ma connaissance, pr\u00e9sent\u00e9e dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette exposition prend, avec le recul du temps, une valeur quasi embl\u00e9matique de la situation de l&#8217;art contemporain en Alsace : une situation non seulement en friche, mais d\u00e9vast\u00e9e. C&#8217;est sur ce terrain qu&#8217;il intervenait dor\u00e9navant et qu&#8217;il continuerait d&#8217;agir, sans attendre. Il montrait clairement quel artiste il \u00e9tait et avan\u00e7ait, \u00e0 visage d\u00e9couvert, avec son travail. J&#8217;ignore s&#8217;il avait compt\u00e9 donner au <a title=\"1980, Le Silence \u00e9clair\u00e9 du Blackout.\" href=\"\/?p=443\">&#8220;<strong>Silence \u00e9clair\u00e9 du Blackout<\/strong>&#8220;<\/a> une port\u00e9e explicitement p\u00e9dagogique, mais l&#8217;exposition fut exemplaire surtout pour les nouveaux \u00e9tudiants ; elle semblait indiquer que tous les lieux, m\u00eame les plus ingrats, pouvaient, devaient \u00eatre investis. Le chemin \u00e9tait trac\u00e9 : dor\u00e9navant il fallait devoir renoncer \u00e0 la r\u00e9signation et prendre la situation en main. Et cela, l&#8217;exemple seul pouvait le montrer.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours au cours de la m\u00eame ann\u00e9e, Sarkis d\u00e9tecta un malaise qui entravait les \u00e9tudiants ; ceux-ci \u00e9prouvaient la plus grande difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir une relation entre ce qu&#8217;ils faisaient, leurs essais journaliers, leurs recherches t\u00e2tonnantes, bref, leurs efforts plus ou moins maladroits et ce qui \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme des \u0153uvres d&#8217;art authentiques, c&#8217;est-\u00e0-dire les peintures et les sculptures qui font la fiert\u00e9 des mus\u00e9es. Il lance alors l&#8217;id\u00e9e d&#8217;entrer en contact avec la Direction des Mus\u00e9es de Strasbourg et formule une demande inattendue : le pr\u00eat, pour un jour, d&#8217;une \u0153uvre majeure de Hans Arp, la<strong> <a href=\"http:\/\/skd-online-collection.skd.museum\/en\/contents\/show?id=167064\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Petite V\u00e9nus de Meudon<\/a><\/strong>. Ainsi, pendant une journ\u00e9e enti\u00e8re les \u00e9tudiants ont-ils pu voir, toucher m\u00eame, une v\u00e9ritable &#8220;\u0153uvre d&#8217;art&#8221; dans leur propre espace de travail, \u00e0 cot\u00e9 de leurs r\u00e9alisations. L&#8217;\u0153uvre fut analys\u00e9e, observ\u00e9e pendant des heures ; on \u00e9voqua la vie de son auteur, on rappela que Arp fut, lui aussi, \u00e9tudiant dans cette \u00e9cole o\u00f9 se trouvaient ensemble la sculpture et les jeunes \u00e9tudiants. Nous tentions de restituer les diff\u00e9rentes phases d&#8217;\u00e9laboration de la sculpture, un peu comme si nous pouvions assister, au-dessus de l&#8217;\u00e9paule de l&#8217;artiste, \u00e0 son modelage et nous \u00e9voquions les sentiments qu&#8217;il ressentait, ceux qu&#8217;il voulait exprimer. La mus\u00e9ification qui parasitait involontairement l&#8217;\u00e2me de l&#8217;\u0153uvre s&#8217;\u00e9tait effac\u00e9e Le voyage du mus\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9cole avait redonn\u00e9 vie \u00e0 la sculpture, selon un processus inverse \u00e0 celui des ready-made. La m\u00eame \u0153uvre, plac\u00e9e ici ou l\u00e0, n&#8217;avait plus la m\u00eame signification ; elle n&#8217;\u00e9tait plus la m\u00eame<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la lign\u00e9e de ces actions p\u00e9dagogiques (mais nous n&#8217;aimons pas beaucoup ce mot), Sarkis institua le principe des &#8220;voyages-\u00e9clairs&#8221;, d\u00e9cid\u00e9s souvent du jour au lendemain, pour les destinations les plus vari\u00e9es, selon l&#8217;actualit\u00e9 des expositions. B\u00e2le, Berne, Baden-Baden s&#8217;ajout\u00e8rent ainsi aux voyages plus lointains, organis\u00e9s ceux-ci (Vienne, Berlin, Madrid, Amsterdam&#8230;). Il faut aussi \u00e9voquer le &#8220;p\u00e8lerinage&#8221; annuel d\u00e9di\u00e9 au retable d&#8217;Issenheim. Chaque printemps, ou presque, nous allons &#8220;rendre visite \u00e0 Gr\u00fcnewald&#8221;. Sarkis pr\u00e9tend qu&#8217;il aime venir en Alsace principalement \u00e0 cause de ce chef-d&#8217;\u0153uvre ! Face \u00e0 ce monument, bien des \u00e9tudiants sont boulevers\u00e9s, et un regain de tonus est souvent perceptible dans les travaux qui sont r\u00e9alis\u00e9s apr\u00e8s cette visite&#8230; A plus de quatre si\u00e8cles de distance, Gr\u00fcnewald continue \u00e0 envoyer son exceptionnelle \u00e9nergie. Avec l&#8217;exposition &#8220;<strong>Situations &#8211; Mutations&#8221;, <\/strong>ouverte en novembre 1981, un pas suppl\u00e9mentaire est franchi : des \u00e9tudiants allaient avoir l&#8217;occasion de pr\u00e9senter, au sein de l&#8217;\u00e9cole, leurs travaux \u00e0 cot\u00e9 de ceux d&#8217;artistes consacr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la premi\u00e8re fois, Strasbourg avait l&#8217;occasion de voir r\u00e9unies des \u0153uvres de Boltanski, de Buren, de Bay, de Filliou, de Rutault et de Toroni. L&#8217;exposition, con\u00e7ue par Jean-Hubert Martin, alors conservateur au Centre Georges Pompidou, \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9e sp\u00e9cialement pour les \u00e9coles d&#8217;art ; nous avions r\u00e9ussi \u00e0 faire en sorte que cette exposition itin\u00e9rante commen\u00e7\u00e2t son p\u00e9riple par Strasbourg. En r\u00e9alit\u00e9, nous avions d\u00e9tourn\u00e9 quelque peu l&#8217;esprit de cette manifestation, puisque nous avions encourag\u00e9 quelques \u00e9tudiants, attentifs \u00e0 la question du rapport de l&#8217;\u0153uvre et du lieu, \u00e0 se joindre aux exposants prestigieux. A cette occasion furent expos\u00e9es pour la premi\u00e8re fois les travaux de G\u00e9rard Collin-Thi\u00e9baut, de Manfred Sternjakob, de Marc Bietry et d&#8217;Ikeya. C&#8217;est aussi \u00e0 partir de cette exposition que l&#8217;on commen\u00e7a \u00e0 parler de l&#8217;\u00e9cole dans la presse nationale.<\/p>\n\n\n\n<p>En juin 1982, une autre exposition fut pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&#8217;Institut Qualit\u00e9 Alsace sous le titre un peu provoquant :<strong> R\u00e9ponse \u00e0 la crise des arts plastique en Alsace ou Marc Bietry, Agn\u00e8s Bourrinet<\/strong>, <strong>G\u00e9rard Collin-Thi\u00e9baut<\/strong>,<strong> Annie Greiner<\/strong>, <strong>Rachid Madani, Pierre Wachs<\/strong>. Ainsi, peu \u00e0 peu, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, consciente de sa d\u00e9termination forte de ses convictions, se manifestaient par toute une s\u00e9rie d&#8217;expositions spontan\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyages<\/p>\n\n\n<figure id=\"theme-image-block_62f47f75d13e0\" class=\"theme-image\">\n    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"572\" src=\"https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/1969-Quand-les-attitudes-deviennent-formes-Museum-Haus-Lange-Krefeld-.jpg\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"1969-Quand-les-attitudes-deviennent-formes-Museum-Haus-Lange-Krefeld-\" srcset=\"https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/1969-Quand-les-attitudes-deviennent-formes-Museum-Haus-Lange-Krefeld-.jpg 800w, https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/1969-Quand-les-attitudes-deviennent-formes-Museum-Haus-Lange-Krefeld--300x215.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/>    <figcaption>Quand les Attitudes deviennent Formes, Museum Haus Lange Krefeld, Kunsthalle Bern &#8211; I.C.A, Londres, 22 Mar &#8211; 27 Apr 1969<\/figcaption>\n<\/figure>\n\n\n<p>Lorsque Sarkis arrive \u00e0 Strasbourg, son travail b\u00e9n\u00e9ficiait, depuis 10 ans d\u00e9j\u00e0, de l&#8217;estime des connaisseurs. Il fut notamment s\u00e9lectionn\u00e9 pour <a href=\"https:\/\/www.sarkis.fr\/1969\/quand-les-attitudes-deviennent-formes\/\" data-type=\"post\" data-id=\"108\"><strong>Quand les attitudes deviennent forme<\/strong><\/a> <a href=\"#theme-image-block_62f47f75d13e0\" rel=\"nofollow\"><strong>[ill. 1]<\/strong><\/a>, en 1969, \u00e0 Berne ; cette manifestation, devenue quasi mythique attira l&#8217;attention sur une nouvelle esth\u00e9tique qui confirma, sur le plan europ\u00e9en, entre autres, l&#8217;\u00e9mergence de ce que l&#8217;on appelle l&#8217;Arte Povera ; \u00e0 41 ans donc, il a d\u00e9j\u00e0 particip\u00e9 aux plus importantes expositions collectives (notamment \u00e0 la <strong>Dokumenta VI <\/strong>en 1977) et certains mus\u00e9es fran\u00e7ais et \u00e9trangers lui avaient consacr\u00e9 des expositions personnelles (le mus\u00e9e de Saint-Etienne, le Centre Georges Pompidou, le Westf\u00e4lisher Kunstverein de M\u00fcnster <a href=\"#theme-image-block_62f491c79bbc7\" rel=\"nofollow\"><strong>[ill. 2]<\/strong><\/a>, le Centre d&#8217;Art contemporain de Gen\u00e8ve, la Neue Galerie d&#8217;Aix la Chapelle&#8230;). <\/p>\n\n\n<figure id=\"theme-image-block_62f491c79bbc7\" class=\"theme-image\">\n    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"749\" height=\"487\" src=\"https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/sarkis-1978-kriegsschatz-klassenkrieg1.jpg\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/sarkis-1978-kriegsschatz-klassenkrieg1.jpg 749w, https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/sarkis-1978-kriegsschatz-klassenkrieg1-300x195.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 749px) 100vw, 749px\" \/>    <figcaption>KRIEGSSCHATZ KLASSENKRIEG, Westf\u00e4lischer Kunstverein, M\u00fcnster, 14 Jan &#8211; 25 Feb 1978<\/figcaption>\n<\/figure>\n\n\n<p>Or, apr\u00e8s son intervention (discr\u00e8te) dans l&#8217;espace <strong>Attitude<\/strong>, le public dut attendre <strong>Maintenant<\/strong>, c&#8217;est-\u00e0-dire, sept ans apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Strasbourg, pour apprendre, gr\u00e2ce \u00e0 cette exposition d&#8217;envergure europ\u00e9enne, que Sarkis travaillait dans la ville. Encore cette exposition &#8220;<strong>Maintenant<\/strong>&#8221; ne put-elle \u00eatre imagin\u00e9e qu&#8217;\u00e0 la faveur d&#8217;un changement de direction des mus\u00e9es. Invit\u00e9 plusieurs fois par an, au quatre coins du monde (Sao Paulo, Sydney, Helsinki&#8230;) sa pr\u00e9sence r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 Strasbourg ne manqua pas d&#8217;affecter le rythme de son travail artistique. Il r\u00e9ussit \u00e0 faire de cette contrainte que sont les voyages, souvent harassants, un principe r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur&#8230; Non seulement, la notion de voyage intervient toujours plus fr\u00e9quemment dans le titre de ses \u0153uvres apr\u00e8s sa venue en Alsace comme par exemple dans ce titre &#8220;flamboyant&#8221;, d\u00e9signant la sculpture de l&#8217;esprit japonais : &#8220;<strong>Entre Saverne et Istanbul<\/strong>,<strong> le Soleil brille comme un laser, et Maintenant entre Strasbourg et Istanbul, le Soleil brille comme un laser<\/strong>&#8220;, mais le mot m\u00eame de voyage va \u00eatre utilis\u00e9 comme titre d&#8217;exposition : &#8220;<strong>Le Voyage de la Sculpture du P\u00eacheur en<\/strong> <strong>Monte-Charge<\/strong>&#8220;<a name=\"_ednref1\" href=\"#_edn1\">[1]<\/a>.Il consigne d&#8217;ailleurs dans son carnet de bord <a name=\"_ednref2\" href=\"#_edn2\">[2]<\/a> &#8220;Istanbul le premier Ao\u00fbt 1983: les exp\u00e9riences, les lectures, les \u00e9coutes, les films, les discussions qui m&#8217;ont passionn\u00e9 pour cette aventure-exposition : les \u00e9coutes de Sch\u00f6nberg, Webern, Berg par Boulez pendant mes voyages Paris-Strasbourg (avec le walkman&#8230;)&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyages dans l&#8217;espace, mais aussi dans le temps (&#8220;<strong>La Fin des Si\u00e8cles<\/strong>, <strong>le D\u00e9but des Si\u00e8cles<\/strong>&#8220;) <a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3]<\/a>,voyage entre l&#8217;enseignement et l&#8217;art, voyage de tous les tr\u00e9sors de guerre (Kriegsschatz),voyage entre le visible et l&#8217;invisible (toute la s\u00e9rie des &#8220;Blackout&#8221; depuis 1974),voyage entre le cin\u00e9ma et les arts plastiques, entre Son et Image, entre la r\u00e9alit\u00e9 et le r\u00eave : le &#8220;Capitaine&#8221; <a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[4]<\/a> a le g\u00e9nie du voyage. Dans son univers tout bouge (ou pourrait bouger),tout se rencontre, tout voyage physiquement, mentalement, bref tout circule comme la vie, \u00e0 l&#8217;image de cette eau qui coule et irrigue l&#8217;exposition. Le souvenir des trajets s&#8217;insinue dans le corps et l&#8217;esprit des \u0153uvres (le voyage est chez lui synonyme de libert\u00e9).Il est chez lui partout: sa patrie est sa m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est surtout apr\u00e8s sa venue \u00e0 Strasbourg qu&#8217;il s&#8217;empare de cette donn\u00e9e constitutive de toute exposition, \u00e0 savoir le transport oblig\u00e9 de l&#8217;\u0153uvre vers son lieu d&#8217;exposition, pour l&#8217;interroger comme partie non visible, toujours refoul\u00e9e mais pourtant \u00e9minemment active des \u0153uvres montr\u00e9es. (Les bandes magn\u00e9tiques qui se multiplient aussi apr\u00e8s 1981 r\u00e9pondent un peu \u00e0 ce m\u00eame principe). &#8220;L&#8217;exposition dit-il est cet atterrissage, montrant plusieurs choses remplies, des m\u00e9moires de voyage&#8221; <a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\">[5]<\/a>.On per\u00e7oit bien ce ph\u00e9nom\u00e8ne dans le principe qui r\u00e9git les &#8220;<strong>3 Mises en Sc\u00e8ne<\/strong>&#8221; de Berne, Gen\u00e8ve et Villeurbanne <a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[6]<\/a>. D&#8217;ailleurs, tout titre provoque immanquablement un voyage par rapport \u00e0 l&#8217;\u0153uvre ; c&#8217;est sa quatri\u00e8me dimension, affirmait Duchamp.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;alchimie du voyage transforme le temps en espace ; il privil\u00e9gie le retour sur soi, la concentration, la vitesse de la pens\u00e9e, la m\u00e9morisation et les facult\u00e9s prospectives. Sarkis met \u00e0 profit ce moment en imaginant des expositions \u00e0 venir, en r\u00e9alisant ses aquarelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Son &#8220;atterrissage&#8221; \u00e0 Strasbourg est toujours l&#8217;occasion d&#8217;\u00e9changer nos exp\u00e9riences de la semaine pass\u00e9e, de pr\u00e9parer nos activit\u00e9s du lendemain. Parfois, lorsqu&#8217;il n&#8217;a pas sa bo\u00eete d&#8217;aquarelles, il m&#8217;en r\u00e9clame et devant un th\u00e9, je le regarde appliquer le pigment sur le papier imbib\u00e9. Mais c&#8217;est lorsqu&#8217;il se retire pour regagner son atelier de la Krutenau, &#8220;<strong>Le D\u00e9partement des Kornemuses<\/strong>&#8221; <a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\">[7]<\/a> comme il aime l&#8217;appeler, qu&#8217;un autre travail s&#8217;effectue, dans l&#8217;ombre. Tout ce que je sais, c&#8217;est qu&#8217;il y a r\u00e9alis\u00e9 un nombre consid\u00e9rable d&#8217;aquarelles mais il met beaucoup de r\u00e9ticences \u00e0 les montrer. La porte d&#8217;entr\u00e9e du &#8220;D\u00e9partement des Kornemuses&#8221; comporte trois verrous : il est toujours demeur\u00e9 tr\u00e8s discret sur son activit\u00e9 dans son atelier de la Krutenau.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelle image peut-on se faire de son travail effectu\u00e9 \u00e0 Strasbourg ? S&#8217;il para\u00eet oiseux d&#8217;essayer de savoir si l&#8217;air de la ville provoque des effets particuliers sur la qualit\u00e9 de son inspiration, il peut \u00eatre instructif de suivre la mani\u00e8re dont il intervient dans une r\u00e9gion, notamment dans celle qui lui est progressivement devenue famili\u00e8re. Sa deuxi\u00e8me exposition personnelle, apr\u00e8s <strong>Attitude<\/strong>, se pr\u00e9sentait sous forme de trois &#8220;Sculptures de chemin\u00e9es&#8221; intitul\u00e9es &#8220;<strong>Kriegsschatz, les cendres de Gramsci<\/strong>&#8220;, sept ann\u00e9es apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Strasbourg. Le titre &#8220;<strong>Les cendres de Gramsci<\/strong>&#8221; reprend, en fait, celui d&#8217;un po\u00e8me du cin\u00e9aste P.P. Pasolini.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la petite vitrine du quai des P\u00eacheurs, dirig\u00e9e par l&#8217;association ARTEL, pas d&#8217;original, pas de pi\u00e8ce unique mais trois sculptures d&#8217;une \u00e9dition de trente-six. L&#8217;original n&#8217;existe pas, ou si l&#8217;on veut, c&#8217;est l&#8217;id\u00e9e initiale. Chaque sculpture est compos\u00e9e d&#8217;une pile ficel\u00e9e de trente-six journaux et d&#8217;une bo\u00eete d&#8217;allumettes imprim\u00e9s en trois couleurs. De toutes les \u0153uvres montr\u00e9es en Alsace celle-ci est la plus conceptuelle et aussi celle qui a le caract\u00e8re le plus explicitement id\u00e9ologique puisqu&#8217;elle \u00e9voque ce th\u00e9oricien marxiste du pragmatisme ; par ces cendres, c&#8217;est l&#8217;aspect essentiellement concret de la pens\u00e9e de Gramsci qui est soumis \u00e0 notre regard et propos\u00e9 comme exemple. Sarkis offrit plusieurs de ces sculptures afin de permettre aux responsables de l&#8217;association, anciennement \u00e9tudiants \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, de poursuivre leur action et de financer un catalogue pr\u00e9sentant les douze artistes qui ont expos\u00e9 en ce lieu. Sarkis lie ses actes \u00e0 ses convictions et celles-ci rejoignent Gramsci. Rappelons que depuis environ une dizaine d&#8217;ann\u00e9es Sarkis avait rel\u00e9gu\u00e9 au second plan les r\u00e9f\u00e9rences politiques directes. Par son titre, &#8220;<strong>La Source \u00e9claire toujours<\/strong>&#8220;, l&#8217;exposition pr\u00e9sent\u00e9e l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Finnegan&#8217;s r\u00e9pondait \u00e0 celle d&#8217;Attitude comme un \u00e9cho ; elle rappelait aussi &#8220;<strong>La Source \u00e9claire<\/strong>&#8221; montr\u00e9e \u00e0 la galerie Surface de R\u00e9paration de Saint-Etienne en 1978 <strong><a href=\"#theme-image-block_62f492dc9bbc8\" rel=\"nofollow\">[ill. 3]<\/a><\/strong>,<\/p>\n\n\n<figure id=\"theme-image-block_62f492dc9bbc8\" class=\"theme-image\">\n    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"772\" height=\"481\" src=\"https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/sarkis-1978-maiakovski-lissitzky-ou-la-source-eclaire1.jpg\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"sarkis-1978-maiakovski-lissitzky-ou-la-source-eclaire\" srcset=\"https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/sarkis-1978-maiakovski-lissitzky-ou-la-source-eclaire1.jpg 772w, https:\/\/www.sarkis.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/05\/sarkis-1978-maiakovski-lissitzky-ou-la-source-eclaire1-300x187.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 772px) 100vw, 772px\" \/>    <figcaption>Maiakovski &#8211; Lissitzky ou La Source Eclaire., Galerie Surface de R\u00e9paration, Saint-Etienne, 6 Mar &#8211; 26 Mar 1978<\/figcaption>\n<\/figure>\n\n\n<p>c&#8217;est-\u00e0-dire exactement dix ans plus t\u00f4t : une s\u00e9rie de grandes photos repr\u00e9sentant son atelier paraissaient immobilis\u00e9es par une longue bande magn\u00e9tique qui faisait le tour de tout l&#8217;espace de la galerie en reliant tous les cadres entre eux. Une couleur verte recouvrait le bord de chaque photo : c&#8217;\u00e9tait de la mort-aux-rats. Sarkis indiquait ainsi symboliquement sa d\u00e9termination \u00e0 prot\u00e9ger son territoire de travail, son atelier. Et sur la bande magn\u00e9tique, trouv\u00e9e \u00e0 Strasbourg et offerte \u00e0 l&#8217;artiste, un \u00e9change de conversation de pilotes Sarahoui&#8230;Comment interpr\u00e9ter le choix de ces photos de son atelier de Paris (&#8220;la Source&#8221;) dans la ville o\u00f9 l&#8217;artiste a un autre atelier? Peut-\u00eatre la pr\u00e9sente exposition apportera-t-elle des pr\u00e9cisions sur cette question.<\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est gr\u00e2ce au FRAC Alsace que, pour la premi\u00e8re fois, une \u0153uvre de Sarkis entre dans une collection publique de la r\u00e9gion, avec une sculpture tr\u00e8s particuli\u00e8re dans sa production puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un autoportrait. &#8220;<strong>Le masque de Sarkis ou le buste en p\u00e2te \u00e0 modeler qui \u00e9coute le walkman<\/strong>&#8221; <a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\">[8]<\/a> offre en outre une originalit\u00e9 puisqu&#8217;il permet d&#8217;entendre le son. R\u00e9interviendra-t-il sur cette sculpture, puisqu&#8217;entre temps il a ras\u00e9 ses moustaches? L&#8217;exposition &#8220;<strong>Le Feu d&#8217;artifice rouill\u00e9<\/strong>&#8221; \u00e0 l&#8217;espace Transit <a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\">[9]<\/a> est li\u00e9e \u00e0 cet autoportrait ; en effet, le masque ainsi qu&#8217;un travail r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir d&#8217;un vieux fusil rouill\u00e9 avaient tous deux servi ensemble pour la r\u00e9alisation d&#8217;une immense affiche (3 m x 4 m) qui fut placard\u00e9e par une association dans le cadre de l&#8217;op\u00e9ration &#8220;R\u00e9seau Art&#8221;, en 1983. Lorsque le masque fut propos\u00e9 au FRAC, l&#8217;affiche n&#8217;existait pas encore et le masque fut acquis seul. Mais lorsque l&#8217;affiche fut diffus\u00e9e \u00e0 1000 exemplaires dans 90 villes de France,<\/p>\n\n\n\n<p>la sculpture parut soudainement incompl\u00e8te pour les millions de personnes qui avaient vu l&#8217;affiche. Pour r\u00e9pondre au refus du FRAC d&#8217;acqu\u00e9rir le fusil, Sarkis d\u00e9cida de pr\u00e9senter celui-ci seul, et lui seulement, en un feu d&#8217;artifice rouill\u00e9, dans le vaste espace de Transit.<\/p>\n\n\n\n<p>Sarkis n&#8217;a pas l&#8217;habitude d&#8217;exposer en plein-air ; ces derni\u00e8res dix ann\u00e9es, il en a r\u00e9alis\u00e9 deux ; l&#8217;une \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 il a fait \u00e9crire avec des pens\u00e9es le mot KRIEGSSCHATZ dans la pelouse d&#8217;un parc de Gen\u00e8ve, l&#8217;autre \u00e0 S\u00e9oul, o\u00f9 il exposa une importante sculpture sur le th\u00e8me de la d\u00e9rive des continents <a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\">[10]<\/a>. Il accepta n\u00e9anmoins l&#8217;invitation de l&#8217;association <strong>Traces + Signes <\/strong>pour participer \u00e0 <strong>Signes d&#8217;Etangs <\/strong><a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\">[11]<\/a>. Il r\u00e9alisa &#8220;<strong>Les Douze couteaux Kriegsschatz d&#8217;Altkirch<\/strong>&#8221; et il l&#8217;immergea partiellement dans l&#8217;\u00e9tang de Carspach ; il l&#8217;exposa \u00e0 nouveau dans la salle des canons du Mus\u00e9e Historique pendant l&#8217;exposition <strong>Maintenant<\/strong>. Tout, ou presque, semble avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crit sur cette derni\u00e8re exposition ; elle r\u00e9ussit le tour de force d&#8217;imposer tout \u00e0 coup l&#8217;id\u00e9e que Strasbourg renouait avec l&#8217;actualit\u00e9 artistique. Je me permettrai juste de remarquer que Sarkis utilisa en l&#8217;occurrence une strat\u00e9gie qui lui \u00e9tait jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent inconnue: se montrer par &#8220;camouflage dor\u00e9&#8221;. L&#8217;aspect tr\u00e8s raffin\u00e9, presque luxueux, des pi\u00e8ces expos\u00e9es, contrastant tr\u00e8s violemment avec sa production d&#8217;il y a dix ou vingt ans, n&#8217;en \u00e9tait que plus ironique et subtil.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;impossibilit\u00e9 pour un plasticien de visualiser le son et l&#8217;envie de faire n\u00e9anmoins appel \u00e0 toute la musique, r\u00e9elle ou enregistr\u00e9e <a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\">[12]<\/a> ont repr\u00e9sent\u00e9 une part non n\u00e9gligeable de ses investigations \u00e0 Strasbourg. (N&#8217;est-ce pas \u00e9galement pendant qu&#8217;il effectuait ses incessants allers-retours entre Paris et Strasbourg qu&#8217;il commen\u00e7a \u00e0 g\u00e9n\u00e9raliser l&#8217;utilisation de la bande magn\u00e9tique?).<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, avec le caillou que posa Sarkis sur les touches du &#8220;<strong>Piano-Kriegsschatz<\/strong>&#8220;,nous pouvons enfin visualiser le son ; il \u00e9tait bien l\u00e0, sous nos yeux, dans notre t\u00eate. Le son paraissait ne jamais devoir s&#8217;\u00e9teindre <a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\">[13]<\/a>.C&#8217;est le d\u00e9sir de se plonger dans un immense bain musical, visuel et cathodique qui caract\u00e9risent l&#8217;intervention &#8220;<strong>Passportstrip<\/strong>&#8221; <a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\">[14]<\/a> qu&#8217;il fit en compagnie du contrebassiste Barre Phillips et du cin\u00e9aste Robert Kramer. Jamais il n&#8217;avait r\u00e9ussi \u00e0 nous faire voyager aussi intimement des arts plastiques au cin\u00e9ma et du cin\u00e9ma \u00e0 la musique ; ce cin\u00e9phile passionn\u00e9 (il est capable de voir plus de quinze fois le m\u00eame film) a d&#8217;ailleurs confirm\u00e9, dans un interview <a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\">[15]<\/a> que &#8220;le glissement du cin\u00e9ma dans son travail (&#8230;) est clair. mais, ajoute-t-il, davantage que le cin\u00e9ma, ce sont certains cin\u00e9astes qui m&#8217;int\u00e9ressent (Bergman,Tarkovski,Straub,Godard,Mizoguchi,Dreyer,Fassbinder).Tous font des miracles. Je ne peux pas citer autant de plasticiens du XXe si\u00e8cle, \u00e0 ce niveau-l\u00e0. J&#8217;ai appris beaucoup plus aupr\u00e8s des cin\u00e9astes que des plasticiens&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 10 avril 1987,le salon d&#8217;honneur du ch\u00e2teau des Rohan de Saverne servit de cadre \u00e0 un spectacle tr\u00e8s exceptionnel. Quelques mois plus t\u00f4t, Catherine et Marc Kreidenweiss, viticulteurs d&#8217;Andlau, avaient sollicit\u00e9 Sarkis pour cr\u00e9er une \u00e9tiquette de vin ; ils souhaitaient que cette \u00e9tiquette puisse visuellement donner une id\u00e9e de la finesse de leur vin et c&#8217;est la raison pour laquelle ils firent appel \u00e0 lui. Afin de le remercier, l&#8217;id\u00e9e fut lanc\u00e9e de donner un spectacle en l&#8217;honneur du travail r\u00e9alis\u00e9 ; pour &#8220;<strong>Entr&#8217;Acte en vert et rouge<\/strong>&#8220;, Sarkis avait dispos\u00e9 sur des nappes rouges et vertes une s\u00e9rie de bouteilles auxquelles r\u00e9pondaient, sur une autre table, plusieurs dizaines de tulipes identiques \u00e0 celles photographi\u00e9es sur l&#8217;\u00e9tiquette. Chacun des cinq vins fut d&#8217;abord comment\u00e9 par M.Kreydenweiss, puis interpr\u00e9t\u00e9 musicalement par le contrebassiste Andr\u00e9as Scheer et le pianiste Siegfried Liebel. Le public, assis \u00e9tait ainsi invit\u00e9 \u00e0 d\u00e9guster, \u00e0 admirer, \u00e0 \u00e9couter. Entre chaque vin, \u00e0 chaque pause, Sarkis pr\u00e9sentait de mani\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente la sculpture qui avait servie de mod\u00e8le \u00e0 l&#8217;\u00e9tiquette. L&#8217;odeur des tulipes, m\u00eal\u00e9e \u00e0 la d\u00e9licatesse du vin \u00e0 la douceur de la musique et \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne firent de cet \u00e9v\u00e9nement un moment de correspondances quasi baudelairien. Comme l&#8217;indique son titre, cet &#8220;<strong>Entr&#8217;Acte<\/strong>&#8221; constitue un moment tout \u00e0 fait unique dans l&#8217;\u0153uvre de Sarkis.<\/p>\n\n\n\n<p>Une raison simple m&#8217;incite \u00e0 ne pas m&#8217;attarder sur une autre intervention, inhabituelle chez Sarkis ; en effet, 250.000 lecteurs ont eu la possibilit\u00e9 d&#8217;en prendre connaissance, principalement en Alsace il est vrai ; je veux parler de l'&#8221;<strong>Ange<\/strong>&#8221; paru dans le journal <strong>Les Derni\u00e8res Nouvelles d&#8217;Alsace<\/strong>, le 30 d\u00e9cembre 1987.Un mot de l&#8217;artiste accompagnait cette image : &#8220;Cet ange est dessin\u00e9 directement sur le papier du journal. Mes empreintes touchent l&#8217;ange. C&#8217;est l&#8217;original. Cet ange a tourn\u00e9 250.000 fois sous les rotatives pour devenir une image de l&#8217;ange, un multiple de l&#8217;ange. Je veux qu&#8217;il redevienne &#8220;original&#8221; en le faisant toucher par les lecteurs, surtout par les enfants des lecteurs. C&#8217;est No\u00ebl ou l&#8217;espoir d&#8217;un nouvel an. Il suffit pour cela que vous posiez vos propres empreintes, \u00e0 la couleur que vous choisissez, sur mes empreintes. Ainsi, l&#8217;ange pourra se sauver des machines. P.S. : Pour la petite histoire du dessin: le dessin a comme origine un instrument musical en terre cuite de Mantena (civilisation Equator, 500 av. J.C.- 1500 ap. J.C.),de 8 cm de haut. C&#8217;est un ange guerrier dont la sonorit\u00e9 \u00e9tait s\u00fbrement con\u00e7ue pour arr\u00eater toute guerre&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Con\u00e7ue et r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Strasbourg, cette image en a suscit\u00e9 une autre, \u00e0 l&#8217;aquarelle, qui a voyag\u00e9 \u00e0 Istanbul et qui sera vraisemblablement pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Strasbourg, avec les traces des doigts des visiteurs d&#8217;Istanbul <a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\">[16] <\/a>; il y a invit\u00e9, en effet, les visiteurs \u00e0 toucher la vitre derri\u00e8re laquelle se trouvait le dessin original, renouant avec la tr\u00e8s ancienne tradition qui attribuait, aux ic\u00f4nes en particulier, des pouvoirs m\u00e9diumniques. (Il y aurait lieu de revenir sur les rapports que son travail entretient avec le culte orthodoxe ainsi qu&#8217;avec l&#8217;art byzantin).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour terminer ce tour d&#8217;horizon des manifestations de Sarkis en Alsace, je suivrai le trajet de l&#8217;esprit japonais du XIXe si\u00e8cle ; il fut trouv\u00e9 et travaill\u00e9 par lui \u00e0 Strasbourg et il \u00e9tait pr\u00e9sent au Ch\u00e2teau de Saverne, au Palais Rohan et au Mus\u00e9e d&#8217;Art Moderne <a href=\"#_edn17\" name=\"_ednref17\">[17]<\/a>.D&#8217;abord calmement pos\u00e9 sur la chemin\u00e9e des palais, le voil\u00e0 soudain qui s&#8217;\u00e9l\u00e8ve au-dessus du bateau, dominant toute l&#8217;exposition de &#8220;<strong>Saturne<\/strong>&#8220;. A ses pieds, &#8220;<strong>Les Cinq rouleaux en attente<\/strong>&#8221; ; dix-sept ann\u00e9es s\u00e9parent les deux. Elles sont pourtant anim\u00e9es d&#8217;une m\u00eame tension, en alerte, l&#8217;une avec son inqui\u00e9tante minuterie, l&#8217;autre avec le choc du laser, et elles visent un seul objectif: percer l&#8217;inconnu de l&#8217;avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Le provisoire inventaire des activit\u00e9s multiformes d\u00e9velopp\u00e9es par Sarkis incite \u00e0 revenir sur certains aspects de son r\u00f4le de p\u00e9dagogue, \u00e0 commencer par sa mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre avec (et non pas face \u00e0) ses \u00e9tudiants. Et c&#8217;est la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qui qualifie d&#8217;embl\u00e9e son rapport \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves. L&#8217;enseignement a cela de commun avec l&#8217;\u0153uvre d&#8217;art qu&#8217;elle ne vaut que par la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qu&#8217;elle contient ; elle se manifeste sous des apparences tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes: le pr\u00eat de ses livres, de ses appareils photo, les dons \u00e0 la biblioth\u00e8que et, \u00e0 l&#8217;occasion, nous avons pu remarquer qu&#8217;il n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 faire don de certaines de ses \u0153uvres pour qu&#8217;elles servent de Kriegsschatz, de monnaie d&#8217;\u00e9change. Il attache aussi une attention extr\u00eame au progr\u00e8s de chacun ; il suit journellement tous les travaux et il est capable d&#8217;en parler, plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s. D\u00e8s les premiers jours, les \u00e9tudiants ont \u00e9t\u00e9 sensibles \u00e0 ses qualit\u00e9s humaines et il faut rappeler \u00e0 ce sujet une anecdote significative : le jour o\u00f9 il subissait les \u00e9preuves de son concours de recrutement, les \u00e9tudiants se relay\u00e8rent toute la journ\u00e9e pour l&#8217;assurer de leur soutien et de leur confiance. Quelques uns s&#8217;\u00e9taient m\u00eame maquill\u00e9s avec ostentation comme pour une c\u00e9r\u00e9monie primitive.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;embl\u00e9e, il s&#8217;adresse \u00e0 eux comme \u00e0 des coll\u00e8gues plus jeunes, le seul avantage qu&#8217;il se reconnait \u00e9tant quelques ann\u00e9es d&#8217;exp\u00e9rience suppl\u00e9mentaires ; et il n&#8217;y a dans son attitude aucune d\u00e9magogie. C&#8217;est ma fa\u00e7on de resituer le rapport p\u00e9dagogique sur le terrain o\u00f9 il devrait effectivement se placer. Il n&#8217;a pas de recette particuli\u00e8re ou de formule miracle, pas de th\u00e8mes, pas de sujets \u00e0 proposer: le seul sujet donn\u00e9, c&#8217;est eux. Chaque talent doit se conqu\u00e9rir la science et la r\u00e9flexion qui lui sont n\u00e9cessaires et cette science, cette connaissance ne pourront \u00eatre fond\u00e9es que sur la connaissance de soi. Dans ce m\u00e9tier, il faut savoir qu&#8217;il faut s&#8217;enseigner soi-m\u00eame: aux enseignants d&#8217;aider \u00e0 cerner le principe de d\u00e9veloppement et de perfectionnement de chacun. Sans doute n&#8217;est-ce pas l&#8217;endroit d&#8217;approfondir les fondements th\u00e9oriques, les conceptions et m\u00e9thodes p\u00e9dagogiques qui animent Sarkis. A la place de cela, je tiens plut\u00f4t \u00e0 rappeler, par exemple, ce qu&#8217;il me disait avoir retenu de la lecture de Kierkegaard: c&#8217;\u00e9tait une seule phrase qu&#8217;il consid\u00e9rait capitale \u00e0 ses yeux et qui disait en substance : chaque chose doit \u00eatre faite sur le moment, en son temps ; essayer de rattraper ce temps serait perdre son temps. Son enseignement serait plus nourri de consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales de cet ordre, sur la vie. Il cherche toujours le sens du travail, le sens des rapports, le sens des diff\u00e9rentes attitudes prises par chacun et comment ce sens prend forme. Il insiste sur la recherche de la concentration indispensable et sur le fait qu&#8217;il faille toujours aller vers l&#8217;essentiel, le plus sinc\u00e8rement. Le but est de permettre (ou plus modestement, de faciliter) l&#8217;\u00e9closion du jaillissement cr\u00e9ateur, dans ce qu&#8217;il comporte de plus irr\u00e9ductiblement personnel. Que le futur artiste se d\u00e9couvre, qu&#8217;il s&#8217;aper\u00e7oive alors que sa richesse, la seule qui vaille, n&#8217;est que sa qu\u00eate artistique qui l&#8217;occupera sa vie enti\u00e8re. La r\u00e9v\u00e9lation de l&#8217;artiste ne peut se faire, fondamentalement que de mani\u00e8re individuelle ; elle a n\u00e9anmoins besoin d&#8217;un milieu d&#8217;accueil favorable, pr\u00eat \u00e0 l&#8217;analyse, \u00e0 la critique mais aussi \u00e0 l&#8217;\u00e9tonnement et, pourquoi pas, \u00e0 l&#8217;\u00e9merveillement. Outre un certain nombre de cours obligatoires comme la culture g\u00e9n\u00e9rale et la participation aux conf\u00e9rences hebdomadaires donn\u00e9es par des personnalit\u00e9s du monde artistique, la p\u00e9dagogie repose principalement sur deux approches: l&#8217;entretien individuel devant le travail ou les projets et la pr\u00e9sentation, sous forme d&#8217;exposition, devant le public \u00e9tudiant et enseignant, d&#8217;une s\u00e9rie de travaux et d&#8217;esquisses pr\u00e9paratoires.<\/p>\n\n\n\n<p>Sarkis se montre alors d&#8217;une grande exigence m\u00eame s&#8217;il sait avoir infiniment de tact ; il leur r\u00e9p\u00e8te que le monde de l&#8217;art est cruel. Il engage les \u00e9tudiants \u00e0 prendre la parole, \u00e0 poser des questions, \u00e0 formuler les r\u00e9flexions que leur inspirent les travaux expos\u00e9s. Il accorde une grande importance au choix et au respect des mat\u00e9riaux, aux raisons de leur choix et \u00e0 l&#8217;accrochage, \u00e0 la mise en espace. L&#8217;\u00e9tudiant doit s&#8217;efforcer, seul, de se trouver et de trouver (de cr\u00e9er) les formes, les mati\u00e8res et leur juste rapport dans l&#8217;espace afin que l&#8217;ensemble s&#8217;accorde au mieux avec les intentions initiales. Rude \u00e9preuve et qui se trouve valoris\u00e9e dans la globalit\u00e9 du contr\u00f4le continu. Sarkis attend que la pr\u00e9sentation orale qui est faite corresponde \u00e0 la nature, au sens et \u00e0 l&#8217;apparence des travaux ; il souhaite aussi que les cr\u00e9ations puissent \u00eatre mises en relation avec les \u0153uvres d&#8217;autres artistes, contemporains ou non. A la suite de ces entretiens personnels ou des expositions-discussions, une petite feuille est remise -on l&#8217;appelle ironiquement &#8220;l&#8217;ordonnance&#8221;- \u00e0 l&#8217;\u00e9tudiant : y sont consign\u00e9s les points essentiels abord\u00e9s au cours de la s\u00e9ance, avec des r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques des noms d&#8217;artistes dont il est conseill\u00e9 de voir les \u0153uvres, sur lesquels ils auront \u00e0 se documenter pour approfondir, alimenter et enrichir leurs recherches.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les ans, Sarkis fait une ou le plus souvent plusieurs conf\u00e9rences o\u00f9 il se soumet un peu \u00e0 la m\u00eame r\u00e8gle ; il commente les diapositives de ses expositions ou d&#8217;autres artistes, d&#8217;autres \u00e9tudiants de France ou de l&#8217;\u00e9tranger. Fr\u00e9quemment invit\u00e9 dans d&#8217;autres \u00e9coles, il est tr\u00e8s inform\u00e9 des m\u00e9thodes et des r\u00e9sultats obtenus ailleurs <a href=\"#_edn18\" name=\"_ednref18\">[18]<\/a>.Sa conf\u00e9rence-exposition intitul\u00e9e <strong>\u00c0 quoi bon la lumi\u00e8re<\/strong>, tenue les 7 et 8 janvier 1986 \u00e0 l&#8217;Ecole Nationale des Arts D\u00e9coratifs de Limoges permet de saisir le rapport qu&#8217;il \u00e9tablit entre son art et l&#8217;enseignement. La conf\u00e9rence traitant de ces &#8220;<strong>3 Mises en Sc\u00e8ne<\/strong>&#8221; de Berne, Gen\u00e8ve et Villeurbanne dura quatorze heures d&#8217;affil\u00e9es sur deux jours! En m\u00eame temps qu&#8217;il commentait ses diapositives, il r\u00e9alisait de grands dessins retra\u00e7ant la forme et la disposition des \u0153uvres expos\u00e9es ; \u00e0 l&#8217;issue de sa conf\u00e9rence, ces dessins servirent de base \u00e0 une exposition que les \u00e9tudiants mirent en sc\u00e8ne en collaboration avec leur auteur. Deux heures apr\u00e8s la conf\u00e9rence s&#8217;ouvrait l&#8217;exposition. De retour \u00e0 Strasbourg, Sarkis organisa une autre conf\u00e9rence avec des diapositives pour l&#8217;information, cette fois-ci, de ses propres \u00e9tudiants.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, lorsqu&#8217;en 1982 il fut s\u00e9lectionn\u00e9 \u00e0 la <strong>Dokumenta VII<\/strong>, il proposa aux \u00e9tudiants de l&#8217;accompagner ; ils furent une vingtaine qui eurent la possibilit\u00e9 d&#8217;assister aux pr\u00e9paratifs, de voir l&#8217;envers du d\u00e9cor d&#8217;une exposition, de rencontrer les artistes, de discuter, de leur demander \u00e9ventuellement leur opinion sur leurs recherches. On ne peut imaginer stage plus enrichissant. L&#8217;int\u00e9r\u00eat pour l&#8217;envers du d\u00e9cor <a href=\"#_edn19\" name=\"_ednref19\">[19]<\/a> rejoint une constante de sa cr\u00e9ation: &#8220;derri\u00e8re l&#8217;image, il y a soit une autre image, et l&#8217;on continue la fiction, soit l&#8217;envers du d\u00e9cor, et l&#8217;on n&#8217;est plus dans la fiction&#8230;Dans mon travail, il y a toujours ce cot\u00e9 tr\u00e8s fictionnel et tr\u00e8s terre-\u00e0-terre \u00e0 la fois. Une pouss\u00e9e de l&#8217;imagination, et l&#8217;invitation \u00e0 prendre en compte la r\u00e9alit\u00e9&#8221; <a href=\"#_edn20\" name=\"_ednref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa p\u00e9dagogie doit \u00eatre efficace puisqu&#8217;apr\u00e8s leurs \u00e9tudes, (parfois m\u00eame pendant!) les r\u00e9alisations des \u00e9tudiants sont expos\u00e9es dans des institutions r\u00e9put\u00e9es ; le taux de r\u00e9ussite aux dipl\u00f4mes nationaux est des plus \u00e9lev\u00e9s et les m\u00e9thodes pratiqu\u00e9es servent de r\u00e9f\u00e9rence au sein de l&#8217;\u00e9cole et dans d&#8217;autres \u00e9tablissements. En tout cas, l&#8217;esprit &#8220;D\u00e9partement Art&#8221; a marqu\u00e9 et &#8220;teint\u00e9&#8221; l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9cole. La direction du minist\u00e8re a \u00e9tendu \u00e0 l&#8217;ensemble des autres \u00e9coles fran\u00e7aises l&#8217;initiative, prise \u00e0 Strasbourg, d&#8217;enseigner l&#8217;esth\u00e9tique ; elle a \u00e9galement donn\u00e9 suite \u00e0 la proposition de Sarkis d&#8217;introduire, parmi les membres du jury des dipl\u00f4mes nationaux un enseignant issu de l&#8217;\u00e9cole \u00e0 titre de &#8220;rapporteur&#8221; du candidat. Il va sans dire que la pr\u00e9sence de Sarkis a compt\u00e9 dans le rayonnement de l&#8217;\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;influence de sa personnalit\u00e9 d\u00e9borde le strict cadre de cet \u00e9tablissement ; elle s&#8217;exerce bien au-del\u00e0 et c&#8217;est la cons\u00e9quence logique et souhaitable de tous ses efforts et de ceux des autres enseignants. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, les \u00e9tudiants ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s aux ingrates r\u00e9alit\u00e9s de l&#8217;exercice professionnel: pour les affronter, ils n&#8217;ont que la confiance en leur capacit\u00e9 et l&#8217;obligation de prendre en main leur propre destin, en s&#8217;aidant de ce qui leur a \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9. Aujourd&#8217;hui pourtant, l&#8217;immense travail qui a \u00e9t\u00e9 entrepris par certains anciens \u00e9tudiants a am\u00e9lior\u00e9 partiellement les conditions d&#8217;insertion des plus jeunes. En quelques ann\u00e9es, en quelques mois, Strasbourg connut l&#8217;\u00e9closion de nombreux regroupements d&#8217;artistes, parfois \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, parfois moins comme &#8220;<strong>Les chameaux sont aussi des animaux<\/strong>&#8221; ou le<strong> F.R.I.C. <\/strong>(Fonds R\u00e9gional d&#8217;Intervention Culturel) <a href=\"#_edn21\" name=\"_ednref21\">[21]<\/a>.Ces associations, en m\u00eame temps qu&#8217;elles attiraient l&#8217;attention sur des lieux inoccup\u00e9s, susceptibles d&#8217;\u00eatre am\u00e9nag\u00e9s en salle d&#8217;exposition ou en ateliers d&#8217;artistes (qui font cruellement d\u00e9faut en Alsace) permettent d&#8217;effectuer leurs premiers pas \u00e0 un grand nombre de tr\u00e8s jeunes cr\u00e9ateurs. Elles ont largement contribu\u00e9 \u00e0 dynamiser l&#8217;ensemble du tissu culturel alsacien et \u00e0 donner \u00e0 son image une bien meilleure d\u00e9finition. Ces associations s&#8217;appliqu\u00e8rent surtout \u00e0 donner \u00e0 cette image le rayonnement national que l&#8217;on sait. A l&#8217;\u00e9closion de ces associations s&#8217;ajouta une prolif\u00e9ration d&#8217;expositions personnelles et surtout collectives. Sachant qu&#8217;il est presque impossible d&#8217;\u00eatre exhaustif, je ne citerai ici que <strong>Stationnement g\u00eanant<\/strong> (1981 et1982), <strong>Entreposition <\/strong>(1982) et pour la seule ann\u00e9e 1984,<strong> 18h30<\/strong>, <strong>8 au Bandit<\/strong>, <strong>Espace 120 minutes<\/strong>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;association ARTEL a r\u00e9ussi \u00e0 focaliser les \u00e9nergies et a fourni un immense travail d&#8217;organisation et un lien permanent de communication entre ces jeunes cr\u00e9ateurs et des institutions, des organismes associatifs. Cette association d&#8217;artistes issus de l&#8217;atelier de Sarkis pr\u00e9sente en 1986,au Ch\u00e2teau des Rohan de Saverne, la plus importante exposition de sculptures contemporaines jamais vue en Alsace gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence de trente artistes qui avaient presque tous r\u00e9alis\u00e9 des travaux sp\u00e9cifiques en fonction du lieu <strong>: Dimensions singuli\u00e8res<\/strong>. Deux ans plus tard, ce fut <strong>Nouvelles impressions de Strasbourg<\/strong> au Palais du Rhin avec un nombre encore plus consid\u00e9rable de participants: de plus jeunes encore s&#8217;\u00e9taient rajout\u00e9s. Ces deux manifestations attir\u00e8rent un public nombreux, attentif et la presse nationale et allemande salu\u00e8rent l&#8217;exposition comme une incontestable r\u00e9ussite. En 1987,soucieux de conf\u00e9rer \u00e0 leur action un caract\u00e8re de permanence, l&#8217;association organisa durant toute l&#8217;ann\u00e9e une suite de douze expositions.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ce foisonnement de manifestations quelques artistes se sont fait conna\u00eetre hors du cadre r\u00e9gional ; leurs \u0153uvres sont r\u00e9guli\u00e8rement s\u00e9lectionn\u00e9es et commencent \u00e0 trouver une r\u00e9elle &#8220;existence&#8221; par cette circulation: c&#8217;est le cas par exemple, des sculptures d&#8217;Alexandre Fr\u00fch retenues par <strong>Germinations IV<\/strong>. Cette manifestation organis\u00e9e par le Minist\u00e8re de la Culture en relation avec d&#8217;autres services officiels \u00e9trangers a permis \u00e0 ces \u0153uvres d&#8217;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es de 1987 \u00e0 1988 \u00e0 Marseille, \u00e0 Breda, \u00e0 Londres et \u00e0 Bonn. <strong>Les Ateliers <\/strong>de l&#8217;ARC ont retenu Michel Aubry, St\u00e9phane Lallemand et Veit Stratmann entre 1986 et 1988. Sept strasbourgeois expos\u00e8rent \u00e0 <strong>Pierre et Marie, Une exposition en travaux <\/strong>\u00e0 Paris (1982-1984) ; et l&#8217;ont sait tout ce que cette manifestation, tr\u00e8s remarqu\u00e9e, doit \u00e0 Sarkis. <strong>Un Aspect du D\u00e9partement Art<\/strong> (1984) fut pr\u00e9sent\u00e9 au Mus\u00e9e Historique dans le cadre des <strong>\u00c9coles d&#8217;Art en Europe<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut surtout remarquer les nouvelles relations qui ont pu s&#8217;instaurer entre les Mus\u00e9es, la jeune g\u00e9n\u00e9ration et plus pr\u00e9cis\u00e9ment l&#8217;Ecole des Arts D\u00e9coratifs de Strasbourg. Celles-ci se sont concr\u00e9tis\u00e9es avec \u00e9clat au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es puisque les Mus\u00e9es ont d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9, dans la s\u00e9rie <strong>Travaux en cours<\/strong> quatre importantes expositions en direction des jeunes talents.<\/p>\n\n\n\n<p>La collectivit\u00e9 a manifest\u00e9, surtout apr\u00e8s 1981,un int\u00e9r\u00eat nouveau pour les arts plastiques contemporains et c&#8217;est aussi dans ce contexte qu&#8217;il faut resituer ce qui a pu \u00eatre fait dans notre r\u00e9gion. Ainsi, depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, le FRAC Alsace s&#8217;est pench\u00e9 sur les \u0153uvres de jeunes artistes et des organismes tels que le C.E.A.A.C. ont contribu\u00e9 \u00e0 soutenir la jeune cr\u00e9ation <a href=\"#_edn22\" name=\"_ednref22\">[22]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis dix ans la situation a beaucoup chang\u00e9 (mais surtout dans &#8220;les \u00e9tats des esprits&#8221;).<\/p>\n\n\n\n<p>Discr\u00e8tement, Sarkis continue \u00e0 aider, \u00e0 conseiller, \u00e0 encourager et \u00e0 inciter les nouvelles initiatives. Il continue \u00e0 cr\u00e9er dans son atelier de Paris et au D\u00e9partement des Kornemuses. Strasbourg est devenu ce terrain d&#8217;atterrissage (mais aussi de travail et de d\u00e9collage) o\u00f9 s&#8217;exerce son action p\u00e9dagogique, prolongement naturel de sa cr\u00e9ation <a href=\"#_edn23\" name=\"_ednref23\">[23]<\/a>.La ville de Strasbourg repr\u00e9sente cet espace physique et mental interm\u00e9diaire entre les voyages qui s\u00e9parent la &#8220;source&#8221; de ses autres territoires que sont ses expositions.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut attendre la derni\u00e8re image du film pour qu&#8217;il commence \u00e0 exister en nous r\u00e9ellement. Le temps est venu (je l&#8217;esp\u00e8re) de franchir ce seuil: que le silence \u00e9claire son \u00e9nigmatique beaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Claude Rossignol, 1989.<\/p>\n\n\n\n<p>NOTES<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[1]<\/a> <strong>Le Voyage de la sculpture du P\u00eacheur en Monte-charge<\/strong>, galerie J.J.Donguy, Paris,1982.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[2]<\/a> <strong>La fin des Si\u00e8cles, le D\u00e9but des Si\u00e8cles, <\/strong>ARC, Mus\u00e9e d&#8217;Art Moderne de la Ville de Paris,1984.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[4]<\/a> Par jeu, Sarkis s&#8217;est d\u00e9nomm\u00e9 &#8220;Capitaine&#8221; pour ses \u00e9tudiants ; le jeu, on le sait, peut parfois habiller des v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[5]<\/a> <strong>La fin des Si\u00e8cles, le D\u00e9but des Si\u00e8cles<\/strong>, ARC, Mus\u00e9e d&#8217;Art Moderne de la Ville de Paris,1984.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[6]<\/a> <strong>3 Mises en Sc\u00e8ne de Sarkis<\/strong>, <strong>Ma M\u00e9moire est ma patrie<\/strong>, Kunsthalle, Berne, <strong>Trio avec viola d&#8217;amour<\/strong>&#8230;, Centre d&#8217;Art Contemporain, Gen\u00e8ve, <strong>Les Tr\u00e9sors du Captain Sarkis,<\/strong> Le Nouveau Mus\u00e9e, Villeurbanne,1985.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[7]<\/a> Sarkis a ainsi baptis\u00e9 son atelier de Strasbourg en honneur \u00e0 son ami et ancien \u00e9tudiant Michel Aubry ; celui-ci s&#8217;est fait conna\u00eetre par les cornemuses qu&#8217;il a r\u00e9alis\u00e9es dans les mat\u00e9riaux les plus \u00e9tonnants (plexiglas, bak\u00e9lite&#8230;).Il \u00e9voque \u00e9galement la m\u00e9moire du D\u00e9partement Art, et le K des Kornemuses garde en m\u00e9moire le K des Kriegsschatz ainsi que du quartier de la Krutenau o\u00f9 se trouve l&#8217;atelier. Sarkis et Aubry expos\u00e8rent ensemble \u00e0 Chateauroux, ville natale de Michel Aubry et l&#8217;exposition s&#8217;est naturellement appel\u00e9e Le D\u00e9partement des Kornemuses (Centre d&#8217;Art Contemporain de Chateauroux,1984).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[8]<\/a> Cette \u0153uvre fut pr\u00e9sent\u00e9e seule \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e des trois expositions inaugurales du FRAC Alsace (Mus\u00e9e de l&#8217;Impression sur Etoffes de Mulhouse, au C\u00e9dric de S\u00e9lestat et au Mus\u00e9e d&#8217;Art Moderne de Strasbourg en 1984\/85).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\">[9]<\/a> <strong>Le feu d&#8217;artifice rouill\u00e9<\/strong>, Espace Transit,1988 ; le carton d&#8217;invitation stipule que &#8220;la nature de l&#8217;exposition ne permet pas un vernissage&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[10]<\/a> L&#8217;\u0153uvre fut con\u00e7ue \u00e0 Strasbourg et sa r\u00e9alisation confi\u00e9e \u00e0 une entreprise de la place.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\">[11]<\/a> <strong>Signes d&#8217;Etangs<\/strong>, \u00e9tang de Carspach, Altkirch (Haut-Rhin), 1986.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">[12]<\/a> &#8220;La bande magn\u00e9tique joue sa vraie fonction,celle de sa m\u00e9moire.(Cette fonction n&#8217;a pas chang\u00e9, mais a \u00e9volu\u00e9 depuis 1971 avec la pi\u00e8ce: Une m\u00e9moire et 7 roulettes&#8221;), Sarkis, in <strong>La Fin des Si\u00e8cles, le D\u00e9but des Si\u00e8cles<\/strong>, ARC, Mus\u00e9e d&#8217;Art Moderne de la Ville de Paris,1984.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">[13]<\/a> <strong>Le Piano-Kriegsschatz<\/strong>, exposition <strong>Devantures<\/strong>, Vitrine de la pharmacie de l&#8217;Homme de Fer, Strasbourg, 1984.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\">[14]<\/a> PASSPORTSSTRIP, (avec Robert Kramer et Barre Phillips, Grand Garage, Strasbourg, 1983.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\">[15]<\/a> &#8220;Rencontre avec le Captain, propos suscit\u00e9s par Faruk Gunaltay&#8221;, <strong>Contreplong\u00e9e<\/strong>, novembre 1988.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\">[16]<\/a> Galerie Ma\u00e7ka Sanat, Istanbul, 1989.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref17\" name=\"_edn17\">[17]<\/a> Cette sculpture servit de moule pour une sculpture qu&#8217;il fit fondre en bronze. A l&#8217;int\u00e9rieur de celle-ci il versa du vin de Lynch-Bages de l&#8217;ann\u00e9e. Il d\u00e9cida que le vin serait go\u00fbt\u00e9 \u00e0 son meilleur degr\u00e9 de maturation, c&#8217;est \u00e0 dire en l&#8217;an 2007 .Exposition <strong>Le bateau ivre navigue dans le corps de la sculpture<\/strong>, Ch\u00e2teau de Lynch-Bages (Gironde),1987.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref18\" name=\"_edn18\">[18]<\/a> Il fut, entre autre, invit\u00e9 par Pontus Hulten \u00e0 participer \u00e0 la session inaugurale de conf\u00e9rences, sur une p\u00e9riode de trois mois \u00e0 l&#8217;A.F.E.M.I.S. avec Serge Fauchereau et Daniel Buren, en hiver 1988.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref19\" name=\"_edn19\">[19]<\/a> <strong>Sculptures du D\u00e9cor, <\/strong>Galerie Eric Fabre, 1982.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref20\" name=\"_edn20\">[20]<\/a> &#8220;Rencontre avec le Capitaine, propos suscit\u00e9s par Faruk Gunaltay&#8221;, <strong>Contreplong\u00e9e<\/strong>, novembre 1988.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref21\" name=\"_edn21\">[21]<\/a> Le F.R.I.C. est compos\u00e9 de Michel Aubry, d&#8217;Agn\u00e8s Bourrinet, de Daniel Schlier et de Manfred Sternjakob. Ce groupe exposa au C.A.C. de Ch\u00e2teauroux, \u00e0 l&#8217;A.P.A.C. de Nevers et au Mus\u00e9e des Beaux-Arts de Mulhouse, en 1987 et 1988.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref22\" name=\"_edn22\">[22]<\/a> Le C.E.A.A.C. a notamment aid\u00e9 ARTEL en passant commande \u00e0 Georges Rey d&#8217;une vid\u00e9o sur l&#8217;exposition &#8220;<strong>Nouvelles Impressions de Strasbourg<\/strong>&#8220;.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ednref23\" name=\"_edn23\">[23]<\/a> Eloign\u00e9 trop longtemps de la France, Sarkis m&#8217;a confi\u00e9 cet automne que plus qu&#8217;\u00e0 Paris, c&#8217;\u00e9tait vers Strasbourg, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment vers certains \u00e9tudiants, qu&#8217;allaient ses pens\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 26 avril 1979, Sarkis d\u00e9barque pour la premi\u00e8re fois sur le quai de la gare de Strasbourg ; il ne conna\u00eet personne, pas m\u00eame celui qui l&#8217;a invit\u00e9. 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